Atelier de littérature

Du 23 septembre au 10 octobre 2009 s’est tenu à Bangui le premier forum des artistes pour la consolidation de la paix en République de Centrafrique. Ce forum qui a connu la participation massive des artistes était placé sous la supervision générale de deux départements ministériels, à savoir :

- le Ministère de la Communication, du Civisme, de la Réconciliation Nationale et du suivi du Dialogue, Monsieur Cyriaque

GONDA ;

- le Ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, Monsieur Aurélien Simplice ZINGAS.

Au cours de ces assises financées par l’UNESCO et le gouvernement centrafricain, le poète ANNE CILLON PERRI a eu l’honneur, en tant qu’expert international d’encadrer un atelier de littérature. Les œuvres issues de cet atelier sont les suivantes :

Nous sommes tous coupables

Frères centrafricains
Fauchés par la folie d’autres frères
Et dont le sang innocent
S’est versé sur les sentes de l’intolérance
Et vous citoyens venus de partout
L’œil grisé de haine et parfois de cannabis
Je vous salue

Je vous salue en cette saison
Où ma ville coquette
Peu à peu panse les plaies
Du viol des rapines et du désastre
Pour vous dire que je vous aime tous
Toi le bourreau dont l’épée a frappé
Et toi mon frère tombé en victime expiatoire

Vous croyiez mener un combat juste
En pillant et saccageant l’avenir
Vous croyiez la patrie servir
En semant désolation et terreur dans la cité
Vous vouliez tout le gâteau national
Mais la Centrafrique n’est pas un gâteau à ravir
C’est un chantier à investir

Je vous aime aussi redoutables gourous
Qui avez armé le bras candide et naïf
Du mioche immature et mal informé
Du mal endémique du moment
Enlisant ainsi le pays
Dans les marais miasmatiques
De la belligérance

Aux temples sectaires des exclusions
Nous avons fait de la région le credo suprême
Et de la tribu le seul motif d’espérance
Nous sommes tous coupables
D’avoir assassiné le soleil
Et mitraillé la lune
Ainsi les étoiles quittèrent le firmament

Comme l’enfant qui naît
Après une lancinante parturition
Comme la graine qui en terre pourrit
Afin que germe une pousse nouvelle
Nous avons dû passer par la guerre
Pour de la paix comprendre enfin la nécessité
Nous sommes tous coupables

Rassemblés sous la même bannière
Frères centrafricains
Construisons une nouvelle nation
Où personne ne sera du nord ou du sud
De l’est ou de l’ouest
Où dans le travail et la discipline
Seul l’amour conduira nos cœurs

Que la lune du pardon irradie nos actions
Que le souffle de l’unité suture nos blessures
Et que l’intolérance soit à jamais bannie
Qu’ensemble
Telles les abeilles dans une ruche
Nous investissions le chantier
De la construction nationale

Dans le travail et la concorde
Combattons la pauvreté
Entonnons ensemble l’hymne de la paix
Que la démocratie soit notre seul credo
Et la liberté notre unique idéal
Préservons la dignité humaine
Car nous sommes tous coupables

Bangui, Espace Linga Téré, le 07 octobre 2009


Kirikiri (Nouvelle)

Ce matin-là, Kirikiri s’était levé très tôt et avait quitté sa masure, une minuscule case de rien du tout, pour se rendre chez le grossiste installé dans le quartier chic de la ville de Zinga. Il marchait très vite, courait par moments, pour rattraper ses clients qui à cette heure de la journée, devaient s’impatienter devant sa petite boutique dénommée « Grâce à Zozéfine ».

Kirikiri entra précipitamment chez le grossiste, passa sa commande et ressortit aussitôt. Il achalanda rapidement sa boutique et se mit à attendre les premiers clients qui, pensait-il, n’allaient pas tarder à arriver.

« Grâce à Zozéfine » était dans ce quartier de Zinga le seul commerce viable où tous les habitants venaient se ravitailler en produits de première nécessité. Kirikiri y vendait du sel en détail, des allumettes, du sucre, du riz, du pain, des cigarettes et autres bagatelles de cette nature.

De l’argent, il s’évertuait à en gagner maintenant à la sueur de son front. Finis les gains faciles et sales d’autrefois, quand il était soldat. C’était une période à la fois faste et tumultueuse. On pouvait tout avoir à la sueur de sa kalachnikov : femmes, argent, nourriture, tout, absolument tout. Il suffisait de cracher quelques projectiles sur les cafards du sud qui se sont embourgeoisés pendant les quelques années qu’a duré le règne de leur frère à la tête du pays. Après la démobilisation et tout le tralala qui s’en était suivi, il s’habituait peu à peu à sa nouvelle vie de commerçant.

Cette journée-là, malheureusement, n’avait pas été la plus rentable. Tout s’était passé un peu comme si les habitants du quartier avaient décidé de boycotter sa boutique.
« Demain sera certainement mieux », pensa Kirikiri qui faisait le bilan de la journée sur un bout de carton. Aux environs de dix neuf heures, une présence le tira de ses rêveries. Ce n’était ni un voisin, ni un de ses clients habituels. L’homme se présenta sous le nom de Koli-Bira, colonel de l’Armée Nationale, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage qui venait d’être éjecté de son fauteuil.

-Je te cherche depuis deux jours, jeune homme, continua-t-il. Un de mes hommes m’a parlé de toi. Je suis à la recherche de braves garçons qui, comme toi, ont fait la rébellion. Tu as été courageux et déterminé sur le théâtre des combats pendant la libération du pays contre les cafards du sud. Tu as de la valeur. Je veux faire de toi quelqu’un de plus grand. J’ai besoin de ton expérience pour que les Nouvelles Forces pour la Démocratie, les NFD que je viens de créer, prennent le pouvoir.

Le silence qu’observait Kirikiri et son attitude respectueuse furent interprétés par l’homme comme un acquiescement tacite. Alors, celui-ci poursuivit :

-Je compte sur toi. A partir de ce jour, je considère que tu fais partie de mes hommes. Nous écraserons ces salauds de nordistes qui nous gouvernent et qui pensent que le pouvoir est fait pour eux. Il est temps que les valeureux fils de l’est arrivent aussi aux affaires.

Il lui remit alors un gros sac vert et disparut dans la nuit noire. Kirikiri regarda d’un air pensif le sac. Les paroles de Koli-Bira avaient réveillé en lui de vieux souvenirs. Il pensait à l’époque où il avait été enrôlé de force alors qu’il n’avait que seize ans. Il était élève au lycée de Zinga. A cette époque, on leur avait dit que les sudistes sont des cafards qu’il fallait exterminer et que tous les problèmes du pays allaient disparaître avec eux. Maintenant, c’est le nord. Les anges d’hier sont devenus des salauds à écraser afin que le pouvoir revienne à la région de l’est... Son regard restait toujours posé sur le sac. Il voulait tout de même découvrir son contenu. Alors il ferma sa boutique et retourna chez lui.

Kirikiri poussa la porte de sa piaule. Une piaule de chien, de rien du tout, qu’il payait avec l’argent de son petit commerce. Un petit commerce de chien, de rien du tout. Il s’imaginait une vie de ministre après toutes ces batailles et toutes ces souffrances endurées dans le maquis. Il n’avait que seize ans en ce temps-là. Combien de fois n’avait-il pas dormi, offert aux antipathiques moustiques ? Combien de fois n’avait-il pas livré son corps jeune aux épines et herbes méchantes qui lacéraient sa belle peau de beau gosse ? Combien de fois ne s’était-il pas nourri de racines indigestes et d’eau de merde ? Combien de fois, combien de fois…

Mais quand la guerre s’est achevée, on l’avait démobilisé et réinséré dans la société en lui donnant tout juste une aide financière de cent vingt mille francs CFA dévalués. Une somme de merde, de rien du tout. Lui qui avait rêvé de belles villas et de belles voitures. Il n’a même pas eu le bonheur d’être intégré dans l’armée régulière. Le capitaine lui avait tout juste dit : « Quant à toi Kirikiri, comme tu n’es pas assez lettré et que tu n’as fait aucune académie militaire, tu retourneras dans ta famille. »

Avec sa petite somme de merde, Kirikiri avait niqué la moitié des filles de son coin à Zinga. Il avait passé plus d’un mois à se saouler la gueule dans tous les bars avant que ne lui vienne l’idée de créer sa boutique « Grâce à Zozéfine ».

Kirikiri ferma la porte de sa masure et décida d’ouvrir enfin le sac que Koli-Bira lui a apporté. Il en sortit une kalachnikov qui brillait sous la flamme de la bougie dont il s’éclairait. Elle devait sans doute être de la dernière série sortie de l’usine. Kirikiri combla cette arme de caresses nostalgiques comme un vieil amour de vingt ans. Il replongea sa main dans le sac et tomba sur des boîtes de munitions, des liasses de billets de banque et un plan détaillé du palais présidentiel. Il chargea sa « petite chérie » de kalachnikov et la braqua sur l’image que lui renvoyait le petit miroir en face de lui. Son regard tomba sur son torse nu. Il revit la cicatrice qui marquait son épaule, toucha tendrement ce souvenir laissé par une putain de balle têtue qui avait failli lui arracher le souffle lors de la grande bataille de Zinga. Commencèrent alors à défiler dans son esprit des séquences indélébiles de son passé, les moments inoubliables de sa vie de soldat. Il repensa aux trois garçons de son quartier avec qui il avait souvent joué au foot, mais qu’il avait butés un soir alors qu’ils ne lui ont rien fait, tout juste parce qu’ils appartenaient à la région des cafards. Il repensa également à la fille qu’il avait prise de force entre deux pillages sanglants.

Cela s’était passé un soir, lors de l’assaut final sur Zinga. Il avait fumé plus que d’habitude pour se donner le courage de massacrer les cafards quand soudain, l’envie le froissa de faire l’amour. Cette fille s’était retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Elle s’était débattue en vain dans les bras vigoureux de Kirikiri qui, pour dompter sa résistance, avait fini par brandir son AK 47. Kirikiri n’avait même pas eu le temps de jeter un coup d’œil sur son visage ni d’enfiler une capote. Il l’a pilée là, rapidement, pour ne pas perdre le temps. Quelques mois plus tard, il devait apprendre que sa victime était sa demi-sœur, née d’une des nombreuses maîtresses de son père. Celle-ci l’avait reconnu quand la guerre s’est achevée. L’enfant conçu de ce viol incestueux lui pourrit encore la vie.

Plus poignante était l’image de son voisin qui le persécutait pour une vieille dette et qu’il a dû effacer pour éteindre la créance. Plus de créancier, plus de dette !

Dans cette nuit rendue encore plus noire par les souvenirs de son horrible passé, Kirikiri remit la kalachnikov dans le sac. Ses affaires n’étaient certes pas prospères, mais il se demandait si cela justifiait-il un nouvel engagement dans la rébellion. Après une troisième nuit de d’intense réflexion, sa décision fut prise : Non.

Le lendemain matin, il décida de se rendre chez Koli-Bira qui n’avait cessé entre-temps de recruter des jeunes pour rejoindre ses hommes basés quelque part dans les forêts de l’est du pays. Celui-ci fut surpris de revoir Kirikiri chez lui. Il le croyait déjà en route après leur entretien.

- Que fais-tu encore ici ? lui demanda Koli-Bira.

- Après trois nuits de réflexion, répondit Kirikiri, j’ai décidé de venir te restituer ton arme et ton argent.

- Putain de merde ! s’écria Koli-Bira dans tous ses états.

- Je ne reprendrai plus les armes pour une rébellion dont j’ignore tous les tenants et aboutissants, lui rétorqua Kirikiri.

- Que veux-tu comprendre, jeune homme ? Ces salauds m’ont éjecté de mon poste n’est-ce pas suffisant ?

- Ce ne sont pas des salauds. Ce sont tes amis. Souviens-toi que nous nous sommes battus avec eux pour écraser les sudistes…

- Tous de la merde ! Qu’est-ce qu’ils ont fait de nos espoirs communs ? Ils ont perdu la confiance de l’est en m’écartant du gouvernement.

- Et nous devons nous entretuer tout simplement parce que tu as perdu ton fauteuil ministériel ? lui lança Kirikiri d’un air moqueur. C’est un problème entre tes copains et toi.

- Tu ne piges rien du tout. Ne vois-tu pas qu’il n’y a aucun représentant de notre ethnie au haut niveau ? Il faut que notre ethnie prenne le pouvoir afin de tout contrôler et faire payer aux autres ce qu’ils sont en train de nous faire. Ton refus du combat trahit notre région.

- Alors il faut créer un parti politique. Car aujourd’hui, le pouvoir ne s’acquiert plus dans le monde par les armes, mais par les urnes.

-Tu veux rigoler ? Tu sais très bien que la démocratie ne nous est pas favorable. Nous sommes une région minoritaire. Nous ne pouvons donc pas remporter une élection libre et démocratique.

- Raison de plus pour comprendre que la guerre ne saurait résoudre le problème de ce pays. Car aucune tribu ne peut gouverner seule. La guerre à laquelle tu m’appelles entraînera inéluctablement une autre. Car chaque région se croira lésée. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons construire ce pays.

-Tu rêves !

- C’est possible. Mais je ne reprendrai plus les armes.

- Les grandes puissances sont avec nous. Est-ce que tu as pensé à ce que tu deviendras quand nous aurons gagné ?

- Rien d’autre que ce que je suis devenu après l’autre guerre : Une merde. J’ai passé mon enfance les armes à la main. J’ai porté au pouvoir des gens qui roulent dans l’or mais ma vie n’a pas changé, encore moins celle des milliers d’enfants de ce pays. Mon avis est qu’il est temps de faire la paix et de promouvoir le dialogue entre tous les fils de ce pays. Comme les grandes puissances soutiennent ton mouvement, je te suggère de leur proposer de convertir leurs armes en médicaments contre le sida et le paludisme.

Après ces dernières paroles, Kirikiri déposa le sac et retourna dans sa boutique de merde, « Grâce à Zozéfine ». Koli-Bira resta interloqué et confus.

Atelier conte

Le roi Kolidjombo, le prince Tende et les zèbres

BOMANDORO était un royaume situé quelque part en Afrique. Le fleuve GUIBANOU, où l’or et le diamant foisonnaient tellement que même les ustensiles de cuisine en étaient plaqués, traversait d’un bout à l’autre ce royaume. L’histoire nous dit qu’à BOMANDORO, le jour et la nuit étaient confondus. Tous les intellectuels de la terre venaient se former dans les écoles de sa capitale où trônait un roi généreux et aimé par tout son peuple. Ce roi s’appelait KOULIDJOMBO, c'est-à-dire, celui qui est capable de traverser un fleuve à pied. Ce roi avait un fils dénommé TENDE qui devait lui succéder.
TENDE avait des courtisans qui pour plaire au futur roi, lui conseillèrent de demander à son père d’être nommé à la tête de l’une des provinces du royaume, notamment, la province de GBAZA qui regorgeait de richesses.
- Papa, j’ai vingt cinq ans maintenant. Je viens de me marier à la plus belle fille du royaume. Je voudrais apprendre l’exercice de mes futures fonctions à la tête de la province de GBAZA. Je souhaiterais également que tu me communiques le secret de la marche sur le fleuve sacré de GUIBANOU.
- Je commencerai, lui dit son père, par ta dernière préoccupation : le pouvoir de marcher sur le fleuve GUIBANOU, je le tiens de zèbres, nos alliés et amis qui m’ont octroyé le territoire sur lequel je règne et qui sont les véritables maîtres du fleuve. Seuls les zèbres, gardiens du costume royal confectionné à base de leurs peaux, peuvent donner ce pouvoir. Si tu veux administrer la province GBAZA, tu dois prêter serment sur le fleuve de ne jamais trahir notre alliance avec les zèbres nos alliés de toujours. Tu dois te souvenir que toutes les actions d’un chef doivent tendre vers un seul et même objectif : le bonheur de son peuple. Tu dois enfin garder présent à l’esprit qu’être chef, ce n’est pas se servir, mais servir.
- Et TENDE jura : Je servirai mon peuple et jamais je ne trahirai nos alliés.
La cérémonie d’installation du nouveau gouverneur de la province GBAZA eut lieu dans les formes prescrites par la tradition et le pacte signé avec les zèbres. TENDE commença dès lors à administrer sa province en rendant de temps en temps compte à son père. Jamais il ne prenait de décision sans le consulter au préalable. Sa province respirait la paix, la sécurité et la bonne entente. Aussi, celle-ci se développa très vite par rapport au reste du royaume. Ses principaux collaborateurs s’embourgeoisèrent, prirent de nombreuses épouses et accumulèrent d’impressionnantes fortunes. Ils le firent tant et si bien qu’ils ne parvenaient plus se contenter de la seule province de GBAZA. Ils voulaient tout le royaume. Mais KOULIDJOMBO tardait à mourir.
TENDE avait maintenant quarante ans. Certains de ses conseillers quant à eux avaient le double de son âge et le roi KOULIDJOMBO était toujours vivant. Les conseillers de TENDE lui suggérèrent alors de renverser son vieux père le roi de BOMANDORO.
- Si je lui fais un coup d’Etat, leur dit-il, qui me donnera le costume royal et me livrera le secret de marcher sur le fleuve sacré ?
- Très simple, lui répondit le plus impatient d’entre les conseillers. Il suffit de massacrer ces vilaines bêtes et de confectionner un costume analogue à celui du roi.
- Le costume d’accord. Mais qui me livrera alors le secret du fleuve sacré ?
- Tu t’en passeras, lui répondirent les conseillers impatients.
- Et le peuple alors dans tout ça, demanda TENDE à ses conseillers ?
- Le peuple, c’est comme de l’eau. Elle prend toujours la couleur et la forme du vase qui la contient. Un roi n’est pas fait pour être aimé, mais pour être craint.
- Je ne peux pas tuer mon père, leur répondit TENDE. Je préfère l’envoyer en exil.
- Tu es naïf enfant. Si tu l’envoies en exil, il continuera d’être un danger pour toi et pour ton royaume…

La résolution fut prise. Au cours d’une nuit qui était peut-être une journée, les zèbres furent attaqués et massacrés malgré leurs supplications. Des troupeaux entiers furent décimés et leurs peaux arrachées. TENDE confectionna alors un majestueux costume royal et le porta aussitôt. Mais bien que ce fut la grande saison des pluies à BOMANDORO, en quelques minutes seulement, le costume royal sécha sur lui. Car cela n’était pas conforme à la tradition et au pacte signé avec les zèbres. TENDE eut une sensation d’étouffement et fit venir ses proches collaborateurs pour leur demander conseil. Avant que ceux-ci n’arrivent auprès de lui, la douleur était si lancinante que TENDE se mit à pleurer. Il versa toutes les larmes de ses yeux, mais le costume ne faisait que l’étouffer. La douleur était de plus en plus vive. TENDE était maintenant en train d’agoniser.
La nouvelle traversa rapidement les montagnes et parvint à son père. Le roi KOULIDJOMBO dépêcha ses cavaliers les plus rapides auprès de son fils. Les chevaux galopèrent et volèrent à la vitesse de la lumière. Quelques minutes plus tard, TENDE était face à son père qui lui demanda :
- Qu’as-tu fait de ton serment TENDE ?
Le prince espiègle pleurait, gémissait et n’avait plus de force pour répondre. Le roi ordonna alors que l’on fasse venir les zèbres afin qu’ils viennent délivrer TENDE de son costume devenu une véritable camisole de force. Après plusieurs rites et offrandes, les zèbres demandèrent que TENDE fût trempé dans le fleuve sacré GUIBANOU. Dès que cela fut fait, les MBILINGOUS, ces esprits magiques qui habitent les eaux du fleuve délivrèrent TENDE de son costume. Quand il retrouva tous ses esprits, TENDE demanda à boire et à manger.
- Comme tu as violé le pacte qui nous lie, tu ne boiras pas de notre eau et ne mangeras pas de notre nourriture, lui rétorquèrent les zèbres.
- J’ai été induit en erreur par mes conseillers, reconnut TENDE. J’implore votre pardon.
Dans la mesure où les zèbres ne sont pas rancuniers comme les hommes, ils pardonnèrent à TENDE. Ce dernier fut conduit au palais royal où il se restaura. Le roi convoqua alors les dignitaires du royaume afin de présenter aux zèbres survivants des excuses officielles. TENDE ainsi que ses conseillers se confessèrent durant ces assises et rassurèrent tout le monde que plus jamais ils ne violeront le pacte avec les alliés du royaume. Puis TENDE quitta la province de GBAZA et regagna le palais où il vécut auprès de son père. Ce dernier lui inculqua des notions de fidélité et de loyalisme. Ainsi prit fin la tentative de renversement du roi KOULIDJOMBO et le conflit avec les zèbres. Le prince TENDE continua l’apprentissage de l’exercice du pouvoir auprès de son père jusqu’à la mort de ce dernier.
Après la mort du roi, les zèbres organisèrent la succession conformément aux traditions et au pacte qui les liait au royaume. Mais très affligés par la disparition de KOULIDJOMBO, ils regagnèrent le domaine de leurs ancêtres, la forêt, au-delà du grand fleuve, laissant les MBILINGOUS servir d’intermédiaires entre eux et les hommes.
TENDE, enrichi de son expérience à GBAZA et des conseils de son père fit de son royaume un modèle de paix, de tolérance et de prospérité pour les nations du monde entier.

Bangui, Espace Linga Téré, le 07 octobre 2009

ANNEXES

TERMES DE REFERENCE DU FORUM POUR LES ARTISTES


Lieu, date de l’Activité : Bangui, 10 – 12 Août 2009

Durée de l’activité : 3 jours

Référence du Projet :

Ø Composante N°1

Ø Structure d’Exécution de l’activité : Espace Linga Tere

Contexte

La République centrafricaine a traversé depuis son indépendance des crises politiques, économiques et sociales profondes marquées par des conflits armés. Les différentes mutineries de 1996 .1997 et le coup d’Etat manque de 2001 à connotation ethnique finissent de convaincre la césure entre les différentes composantes de la Nation centrafricaine. l’année 2008 a marqué un nouveau tournant diplomatique et politique dans les crises en République Centrafricaine avec un effort de consolidation de la démocratie et de l’état de droit par l’ amorce du processus de réconciliation, notamment le Dialogue Politique Inclusif (DPI) qui a eu lieu du 05 au 20 décembre2008 à Bangui où tous les principaux acteurs politiques et de la société civile ont pris part. Ce pendant, hors du champ politique où des assises nationales s’étaient tenues, les différentes communautés artistiques du pays n’ont pas joué leur rôle de vecteur de changement de mentalité, en occurrence les Artistes; nous savons tous que les artistes sont les plus proches des populations et les plus écoutés sur les medias et appréciés au quotidien.

Les objectifs du forum pour les Artistes

Les objectifs visés sont de :

Ø responsabiliser les communautés artistiques sur le devoir d’agir et de contribuer à l’évolution des mentalités allant vers la réconciliation nationale durable ;

Ø organiser des manifestations et réflexions populaires pour la paix ;

Ø Amener les artistes centrafricains être des acteurs de la paix et de développement ;

Ø consolider la culture de la paix et la cohésion sociale au niveau des provinces et créer les conditions de l exercice du dialogue social local et national inclusif à travers des créations artistiques.

Ø Appuyer les créations artistiques autour du devoir de la réconciliation.

Résultats attendus

· Réaliser la production des œuvres artistiques sur la réconciliation dans divers disciplines

· Diffuser sur tout le territoire national des œuvres artistiques sur la réconciliation nationale dans disciplines

· Renforcer le capital social suite aux manifestations populaires.

Thématiques

Le Forum pour les Artistes destiné à contribuer à une meilleure compréhension de responsabilité des communautés artistiques sur le devoir d’agir et de contribuer à l évolution des mentalités allant vers la réconciliation durable. Pour ce faire, des thèmes spécifiques seront choisis et donnée aux intervenants pour expliciter les thématiques.

Programme et méthodologie

Le programme proposé comprend des interventions théoriques suivies des discussions et des ateliers pratiques, destinés à discuter (ou table ronde) avec des décideurs , des représentants des organismes internationaux et nationaux et des centrafricains concernés.

Documentation

Les participants recevront preablement un ensemble de base des documents de référence. Cette documentation comprendra également le texte ou le résumé des interventions des intervenants.

Les Participants

150 artistes seront identifiés et invités pour prendre part au Forum pour les Artistes. Les disciplines artistiques retenus à cause de leur facilité à faire passer des messages et par leur diversité pour toucher le maximum des centrafricains sont : le théâtre, la musique, la bande dessinée, et le recueil de texte/ contes/littérature.

Un intervenant international sera invité lors de ce forum pour donner son expérience

d’engagement face à de telles situations et de donner aussi des méthodologies aux artistes centrafricains. Des intervenants alternatifs vont être recrutés également à Bangui pour faire des brèves présentations dans le cadre d’une des thématiques correspondant à leur domaine de spécialisation afin d’illustrer des thèmes d’ateliers par des expériences centrafricaines concrètes.

Arts et Développement

Créations – Productions – Diffusions

Culture –Communication – Conseil

Programme du forum des Artistes et de l'Atelier de renforcement des capacités
Septembre 2009
Mercredi 23 Septembre Séance d’Ouverture
09 H 30 Discours d’inauguration (Ministre d’Etat à la communication, Ministre de la Jeunesse, UNESCO, Espace Linga Tere).
10 Heures Présentation des Participants
10 H 30 Présentation des objectifs et du Programme du Forum et de l’Atelier de Renforcement des Capacités – MAMBACHAKA Vincent
11 H 15


12 H 30
La création artistique comme méthode et moyens d’expressions pour la consolidation de la Paix.


Mr. Eric MAMPOUYA Expert et Mr. Anne Cillon PERRI Expert
14 H - 15
  • - La littérature/conte :
    -Mr NIAMOLO Faustin Ecrivain
  • - Le théâtre :
    -Mr José MESSONGO Expert
  • - La Musique :
    -Mr NDZANA Stive Expert
  • - Le Cinéma :
    - Mr Victor Arthur BATOUMENI Expert
    - Mme TOUA EWODO Marie Claire Expert
  • - La Bande dessiné :
    -Mr Guy Elie MAYE Expert
15 H - 16 H Discussions
Jeudi 24 Septembre Suite du Forum
10 H - 11 H -"La Responsabilité des Artistes dans le processus de Consolidation de la Paix" :
Mr BANIS (Sociologue)
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