Québec 2008

Quarante poètes du Québec et de France

Je connaissais Josyane De Jesus-Bergey avant d’aller à la Rochelle. Je l’ai rencontrée un an plus tôt, à travers l’anthologie qu’elle a publiée avec Bernard Pozier en coédition Ecrits des Forges/Sac à mots (Toutes les citations sont extraites de cette édition). Ce livre m’a été offert vendredi le 03 Octobre 2008 par Fernando d’Almeida à son retour du Festival de poésie de Trois Rivières au Québec. Lorsque j’ai reçu ce livre, je suis allé tout droit à la page 177. Car, je voulais rapidement lire la contribution de l’auteur que je soupçonnais, ne je sais pourquoi, de partialité et par ricochet, de superficialité. Je me demandais en effet comment on peut publier une anthologie de poètes de France aujourd’hui sans des textes de Michel Deguy, Guillevic, Jean-Michel Maulpoix , Jacques Roubaud ou Patrice Delbourg, pour ne citer que ceux-là.

Je cherchais, côté Québec, des noms que je connaissais. Comme par enchantement, ils étaient là pour la plupart : Stéphane Despatie dont j’avais reçu le livre au même moment que les 40 poètes du Québec et de France, Yves Boisvert, Nicole Brossard, Claude Beausoleil de l’Académie Mallarmé, etc. Je dois préciser que le même état d’esprit qui m’a amené à la page 177 m’a également conduit à la page 93.

La précision « d’entre Loire et Gironde », concernant les auteurs de France retenus dans le livre décevait un tantinet mes attentes. Pourtant, sur « la dernière ligne de [mes] flottaisons », ce magnifique livre qui parle « le langage de nos libertés » m’a séduit au plus haut point. D’abord par le fait que les poètes publiés sont majoritairement vivants et encore productifs, ensuite par la succulence de la sève qui traverse ce livre d’une page à l’autre.

Bernard Pozier

“Né en 1955, à Trois-Rivières (Québec), d’un père français et d’une mère québécoise, Bernard Pozier publie de la poésie depuis 1976. Professeur de littérature au Collège Joliette-De Lanaudière, il a participé à la fondation des revues APLM, Arcade et La poésie au Québec (revue critique annuelle). Depuis 1985, il est directeur littéraire des Écrits des Forges, maison d’édition exclusivement consacrée à la poésie.”

Le premier poème

Le premier poème est toujours un poème
d’amour
on imagine sans souci pour qui on l’écrit
sans savoir encore dans quel corps il saura
vraiment s’incarner
ni à quelle âme véritable on l’a inconsciemment
d’avance dédié
Le premier poème est toujours un poème
d’amour
car il ne connaît pas la démesure de ses mots dans l’instant de l’émoi entre l’ombre et la proie où s’égare ébloui son regard
Le premier poème et tous les suivants se sèment
en plein champ

(…)


Josyane De Jesus-Bergey

Des noms de fleuve un peu de nous comme sable qui revient au pays. Plus loin qu’il ne pleut la maison te berce.

Le chant de l’eau jusqu’au grand châle noué sur tes épaules et le bleu de tes yeux du pays revenu. On reconnaît l’espace au roulé de ta langue et à ce goût de sel sur ta peau pour vivre encore.

Dans ce monde sans surface

La mer entre à notre table.



Je me souviens.

 

Commentaires (1)

1. Paul Nwesla Biyong (site web) 23/07/2009

Je prends plaisir à lire la poésie, me souvenant ainsi de mon…futur: La rencontre des plumes éternelles.

16 juin 2009

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