Etrange matin

Quel étrange matin ô mon Dieu
Nous trinquons d’un trait la tasse
De l’angoisse fumant sur la table
D’une longue journée
A chaque alinéa des heures
Le soleil à sa guise aiguise le souci
La brume persiste et signe d’un geste
Équivoque sur tout ce qui reste de la vie
La ville multiplie les jurons
Et construit sur pilotis
Le néant aux méandres de l’éphémère
Elle jette en quinconce
Des suspensions
Aux points d’intersection où le rêve
Fout le camp en vitesse
Pour ne pas être complice du viol
L’espoir s’émousse définitivement
Cependant que se trémoussent
Dans l’âtre du poème
Les mots pris en flagrant délit de mensonge
L’après-midi exacerbe le chagrin
Et l’étrange concordance de tout ce qui dérange
Il fait le tour d’une contrée
Hachée au couteau de cuisine

Commentaires (5)

1. saredo 30/09/2011

Ces vers me transpercent le coeur, et pénétrent outrageusement mon interieur mortifié, vos vers font parler ce que j'ai tant eu de mal à faire taire!
Total respect!

2. Saredo 30/09/2011

ces vers me transpercent le coeur, volent les débris de mon interieur obscur, et font parler ce que j'ai tant eu de mal à faire taire. Chandelle Dakeyo, poete du cri, que ta verve ne meurt jamais!

3. Arlette Ella 23/03/2011

J'adore ce poème, la vie n'est pas facile du tout.

4. Pierre Ndame 18/11/2009

Très joli poème, Anne;
Il a été façonné des mains d'un poète talentueux

5. Maryse 08/09/2009

J'adore les métaphore de ce poème: " La ville multiplie les jurons et construit sur pilotis le néant aux méandres de l'éphémère...
les mots pris en flagrant délit de mensonge ..." etc... etc...
C'est tout simplement jouissif!

Ajouter un commentaire
 
Protected by Copyscape Unique Content Check
       
 
     

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×