Le bled en blazer

Sur la cour de la roseraie des cocotiers

Trois aèdes accordent leurs violons

Assis en tailleur
Sur l’amour du beau
Le bled en blazer blême se met
Devant des divinités vaudoues

Une pluie providentielle
Se met à tomber

Un poète d’Abomey découvre la ruralité
En passant en revue
Tous les plats corsés à l’âpre paprika
De l’arrière-pays bantou

Le canari fait le gros dos à la pluie
Cependant que le canard rit aux éclats

Les rhapsodes médusés
Mettent en relief le malentendu du vent
Qui agite tels de simples étendards
De longues feuilles de bananiers

La forêt s’écrit en boulou
En mettant les accents sur des voyelles majuscules

L’éclair passe près d’un mégot équivoque
Tandis que détergé jusqu’aux water-closets
Le village se revêt d’allégresse
Comme une négresse endimanchée

Roseraie des cocotiers à AngonguéLes goyaviers contents content
L’épopée de l’endurance

Il pleut sur le bled
Trois amis déclament des poèmes
En buvant du café espresso
Préparé fort pour évacuer l’ennui

La nuit déferle sur le village
Comme le sexe arable du rêve

Reviendras-tu à Angongué ô Bruno
Nous convoquerons encore la pluie
Pour patoiser longuement avec Otonsi
Et colporterons à Koumou tous les ragots de la ville

Nous dirons clairement aux arbres
La viviparité d’une amitié sertie de vérité

La tornade nous réjouira
Et nous amènera transhumer l’insu
Aux arcanes d’un poème fétiche
Où chante le rossignol de l’espoir

Ajouter un commentaire
 
Protected by Copyscape Unique Content Check
       
 
     

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site