Créer un site internet

Chronique d'une résidence à Oléron

Traversée, anthologie poétique de Anne Cillon PerriDepuis 2005, les bibliothécaires professionnels et bénévoles du pays Marennes Oléron en Poitou Charente, regroupés dans le cadre d’une association dénommée Mots en fête organisent une manifestation dont le but est la promotion du livre et de la lecture publique. Mots en fête œuvre en partenariat avec d’autres associations à l’instar d’ATELEC, LOCAL et ADEPSCO et bénéficie du soutien du pays Marennes Oléron. Cette année (2009), Mots en fête a consacré à l’Afrique son festival d’animation littéraire. Pour cela, une voix majeure de la poésie africaine a été invitée en résidence. Il s’agit du poète ANNE CILLON PERRI dont une anthologie des oeuvres poétiques vient d’être publiée en France par les Editions OPOTO sous le titre « Traversée ».

Ce livre de 218 pages a bénéficié de la complicité d’Hervé YAMNGUEN dont un magnifique tableau rehausse la première de couverture. ANNE CILLON PERRI est l’auteur de :

- Sur les rues de ma mémoire, poèmes, Interlignes/Proximité, Yaoundé 2004, réédition 2005 ;
- Au-delà de l’utopie, Poèmes, CCF, Douala, 2005 réédition 2007 ;
- Onomatopées du silence, Éditions de la Ronde, Yaoundé, 2006 ;
- Boulevard de la liberté, CCF, Douala, 2006 (en collaboration);
- D’aujourd’hui, CCF, Douala, 2007 (en collaboration) ;
- Interdit de laver sa mobylette isi, Editions OPOTO, Douala, 2007(en collaboration) .

Pendant son séjour, ANNE CILLON PERRI a animé des ateliers d’écriture avec ATELEC et l’Association des poètes et plasticiens de Marennes. Il a en outre présenté ses textes et ceux d’autres poètes africains. Des conférences publiques suivies de lectures et signatures de ses livres ont ponctué ce séjour de manière on ne peut plus éclatante. Les villes suivantes ont été le théâtre, soit d’interventions publiques, soit des soirées de dédicace :

- Marennes ;
- Nieulle sur Seudre ;
- Saint Trojan les Bains ;
- Le Grand Village Plage ;
- Saint Pierre d’Oléron ;
- Saint Just-Luzac.

OléronToutefois, d’autres agglomérations à l’instar de Saint Sornin et Saint Denis d’Oléron étaient aussi partenaires du festival.

Les ateliers avec ATELEC ont surtout donné l’occasion aux participants de mieux s’informer sur l’Afrique dont une image caricaturale est véhiculée par les média du Nord, plus prompts à présenter les catastrophes et misères de ce continent que ses réussites. Ils ont en outre donné l’opportunité aux membres de cette association d’exercer leurs plumes à travers la production des cadavres exquis .

La dernière rencontre avec ATELEC a été particulièrement émouvante. Car elle a été marquée par la participation massive des gitans aux travaux. Ceux-ci ont découvert avec stupéfaction que l’Afrique noire utilise une monnaie pour ses échanges et qu’il existe plusieurs belles cités dans ce continent. Ils ont par ailleurs été entretenus sur la marginalité des pygmées d’Afrique dont la musique et les chants polyphoniques ont été écoutés sur internet.

La problématique des langues a aussi abondamment préoccupé les participants qui, ayant découvert que certaines langues africaines, à l’instar du lingala, du swahili, du haoussa, du bambara, etc, sont parlées par des millions d’individus à travers de nombreux Etats africains ont voulu entendre des poèmes en boulou, la langue maternelle du poète. Une différence a été faite entre les patois tels qu’il en existe encore aujourd’hui en France et les langues africaines encore vivantes et productives.

A Nieulle-sur-Seudre où avait aussi lieu une exposition de photos d’Afrique, le poète a chanté des berceuses en boulou après avoir évoqué son enfance à Angongué et les romans écrits en boulou comme « Nnanga kôn » (un roman traduit en français par Jacques FAME NDONGO et publié aux éditions SOPECAM à Yaoundé) ou alors « Dulu bon b’Afrikara ».

Quant aux ateliers avec les poètes et artistes plasticiens, il a été question d’échanger sur l’art africain et sur la poésie contemporaine. Un accent a été mis sur les courants post-rimbaldiens en ce qui concerne la poésie et l’apport de l’Afrique dans l’art plastique contemporain à travers l’exemple de Picasso. Deux jours durant, les participants à l’atelier de Marennes ont échangé avec ANNE CILLON PERRI davantage Monique Berthaud et le sculpteur de pierressur l’expression formelle de la poésie contemporaine que sur l’idéologie qui sous-tend les productions poétiques. Cependant, pour être plus en adéquation avec l’esprit du festival qui était consacré cette année à l’Afrique, un temps d’arrêt a été marqué sur le mouvement de la négritude à travers l’expérience des pères fondateurs que sont Aimé Césaire, Léon Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor. Quelques figures de style parmi les plus récurrentes de la poésie contemporaine ont été étudiées en tant qu’outils de productivité dans l’aventure de création du beau. Pendant cet atelier, de nombreux poèmes de Monique Berthaud, ont été lus et commentés.

Un sculpteur sur pierre, révolté par le formatage néolibéral a pris une part très active à cet atelier. Après avoir exposé sa haine du téléphone portable en tant qu’élément d’uniformisation et de robotisation de l’homme aujourd’hui, il a abondamment parlé de sa vision d’Internet, le seul compagnon de son ermitage.

Le vendredi 13 mars, le cinéma l’Estran de Marennes donnait carte blanche à ANNE CILLON PERRI. Le film choisi par le poète était celui du sénégalais Moussa Sène Absa intitulé « Madame Brouette ». Après la projection de ce film, le poète africain l’a commenté tant du point de vue technique qu’idéologique.

Un jour auparavant, il a participé dans la salle Amos Barbot, annexe de l’Oratoire, rue Albert 1er, au quatrième salon du livre de la Rochelle. Cet événement concernait en prime les éditeurs et les libraires qui avaient chacun son poète invité. Les éditeurs présents et leurs poètes invités étaient :

- L’Escampette (Claude Rouquet) accompagné du poète François CHARBON ;
- Bernard DUMERCHEZ, accompagné de la poète Cathérine ZITTOUN ;
- Soc et Foc (Christian BERJON/Claude BURNEAU) accompagné de la poète Patricia COTTRON-DAUBIGNE ;
- La part des anges (Marie Christine MOREAU), accompagné du poète Joël-Claude MEFFRE ;
- Encre et Lumière (Jean-Claude Bernard), accompagné du poète Hamid TIBOUCHI ;
- Fédérop (Bernadette PARINGAUX), accompagné du poète Alex SUZANNA ;
- L’Amandier (Henri CITRINOT), accompagné du poète Narcis COMADIRA ;
- Sac à mots (Jean-Marie GILORY), accompagné du poète Jean-Louis Bernard.

La librairie Calligrammes de Philipe LEGRAND a proposé une large sélection d’ouvrages poétiques publiés par d’autres éditeurs non présents sur le salon tandis que la table de la librairie Larochellivre présentait des ouvrages publiés par larochellivre seule ou en collaboration, des ouvrages des éditions Arêtes, Rumeur des âges et ceux du poète camerounais ANNE CILLON PERRI. Les poètes invités étaient donc par ordre alphabétique :

- Jean-Louis BERANRD, France
- Pascal BOULANGER , France
- François CHARRON, Québec
- Anne CILLON PERRI, Cameroun
- Narcis COMADIRA, Catalogne
- Patricia COTTRON-DAUBIGNE, France
- Josyane de JESUS-BERGEY, France
- Christian GARCIN, France
- Joël-Claude MEFFRE, France
- Alex SUSANNA, Catalogne
- Hamid TIBOUCHI, Algérie/France
- Catherine ZITTOUN, France

Oléron

Hospitalisé, le poète Henri MESCHONNIC n’a pas pu prendre part à cet événement. Par contre, la célèbre maison d’édition québécoise, les Ecrits des Forges(http://www.ecritsdesforges.com/), représentée au plus haut niveau par son Directeur Général en la personne de Stéphane DESPATIE a honoré de sa présence cet événement après sa participation au salon du livre de Paris. Après ses lectures de poèmes, le poète ANNE CILLON PERRI a signé les ouvrages achetés.

Pour la fin de son séjour dans le pays de Marennes Oléron, la ville de Saint-Just-Luzac a consacré une journée au poète africain. Le programme de cette journée prévoyait un atelier d’écriture suivi d’un pique-nique à la tour de Broue, une visite à la chapelle de Saint Sornin et d’autres sites historiques du pays de Marennes Oléron. Puis, à partir de 20 heures, un récital de poésie par ANNE CILLON PERRI accompagné pour la circonstance par le musicien percussionniste sénégalais AMBLAYE et un saxophoniste et clarinettiste français.

Oléron
Oléron
Oléron


Quelques textes produits par ATELEC :

I
Les musiques pygmées mangent le Canada
Le bateau va sur la plage
Les enfants courent dans la nature
Ma voiture descend la rue Gambetta

Le chat pêche du bonheur
Nous chassons dans ma ville
L’île d’Oléron pleure dans l’Indre
Ma bague danse autour du monde

Un ballon chante la liberté
Mes chaussures me conduisent vers les fleurs
Le phare de Chassiron danse dans la région

Mon pays se développe comme des champignons
L’Afrique fête la beauté
Le loup court sur les routes

II
Les promeneurs cherchent sur la plage de Chaucre
Le soleil assis au pied du phare de Chassiron
Le cygne sommeille au-dessus du marais aux oiseaux
Taire le pont qui se referme sur la citadelle

Les touristes pressés ramassent dans la mer
Le soleil qui danse sur les mimosas
La côte récolte le vent sur la plage de Boyardville
La vague mange la dune

Les mouettes rieuses appellent des palourdes
La lune regarde le port de la Cotinière
Les bateaux coulent au large d’Antioche

Faits, méfaits, et bienfaits, par Anne Cillon Perri

Le dauphin pédale à l’intérieur des écluses
Les pêcheurs racontent des histoires de pêche
Tandis que la vieille femme chante des refrains de l’île

III
Le kangourou pose dans les Pyrénées
Ma fille trouve sur les plaques de bateaux
Du poisson qui nage dans la cour
Mon âme s’étale sur une branche de chêne

Le soleil rampe sur la mer
Tous les invités vont se promener dans la maison
L’hirondelle danse sur la route d’Oléron
Mon chat glisse sur la glace

Les promeneurs enivrés brillent dans le feu
Un homme mange à côté de l’église
Tandis que la voiture se gare dans le parking

Mon garçon a triché à l’école
La vitrine s’emparera de lui
Le nuage pleure dans les vignes.

Anne Cillon Perri, poète

Oléron
Oléron
Oléron
Anne Cillon Perri et Claudine Mémin, présidente de Mots en Fêtes

Commentaires

  • ANNE CILLON PERRI
    Vraiment heureux de constater que tu es passée par ici. Je garde un lumineux souvenir de vous tous. Traversée n’est qu’un aperçu de ma poésie. Il s’agit en fait des fragments des livres que j’ai publiés. Il a été fait pour ma résidence à Oléron. Tous mes poèmes ne s’y trouvent donc pas. Amitiés

    11 juin 2009
  • Monique Berthaud
    • 2. Monique Berthaud Le 23/07/2009
    Cher ami poète,
    A mon grand regret, je n’ai pas trouvé dans recueil le poème où une partie du le 1er ou 2ème vers est : “ma tête crépue”. S’il te plait, dis-moi où je peux le trouver. je compte sur ta réponse. Reçois mon amical souvenir. J’ai beaucoup aimé ton recueil. (atelier de la médiathèque de Marennes)

    10 juin 2009
  • OUMAROU MAL MAZOU
    • 3. OUMAROU MAL MAZOU Le 23/07/2009
    Jolies photos!
    Ah, je savais que PICO ne fait rien de moitié.Je viendrai à l’Assoumière, partager les réliquats de cette noble aventure.

    19 mai 2009
  • ANNE CILLON PERRI
    J’ai été content de votre visite à http://assoumiere.wordpress.com/
    Depuis que vos poèmes sont publiés dans mon site, ils ont été lus soixante fois par les internautes du vaste monde et le texte intitulé « Chanson pour Oléron » quant à lui a été lu quarante huit fois. Ecrit pendant mon séjour à Saint Pierre, ce texte est surchargé des parfums de l’île et du souvenir attristé de mon Afrique. Je vous prie de le lire vite comme il convient de lire les écrits de la nomadité et de ne surtout pas chercher à le relire. Car, vous risquez de ne pas l’aimer à la deuxième lecture. Croyez en mes souvenirs les meilleurs.
    ANNE CILLON PERRI
  • atelec
    • 5. atelec Le 23/07/2009
    Bon souvenir de ton passage parmi nous et merci d’avoir publié nos poèmes et les photos. A très bientôt, on l’espère.

    11 mai 2009
  • Bruno
    Sacrée aventure aussi !

    4 avril 2009
  • PICO
    • 7. PICO Le 23/07/2009
    Sacré voyage !

Ajouter un commentaire