Consulaire

zelle envoie lumière
quand néons soublient
dans lopaque d’zheures
zelle envoie lumière
et tente coups d’pieds
dans cul roi d’la soif
sur l’piment du soir
zelle pose zœufs du poème
où oisillonne liberté
semaine sinhume sallum’et sillustre
dans label d’zarts et créole d’zâges
galop du week-end
prédit léperon d’zhippocampes
zelle envoie lumière
quand parole s’émeut
sous lopaque des néons
zelle envoie lumière
et largue cent coups de pied
dans cul raide d’la soif
et sur piment du soir
zelle pose l’zœufs du poème
où éclatent sangs féconds

je donne mots
comme zieute vent
à cime débènes
je ne suis pas doué
pour les garder seul
sous zigzag des routes
sous blizzard des songes
sous gaz des flammes
à toi phrases
à toi virgules
à toi parenthèses
et savan’agrammaticale
du phrasé des soirs
sous rumba des contes
jai dans les mots vidé
zambèze des masques
zambie d’zondes
zimbabwe de boue
et lâge des vaches grasses
je fleuris dans brouillard
ma liberté battue des alizés
et attenante au Babel des perles

Jean Claude AWONO

Le consularisme a le devoir impératif de renforcer l’étrangeté jusqu’à l’éclatement de ce nouvel absurde qui n’attend pas de nous laxisme et passivité, mais réaction violente et veille de toutes secondes. Il ne s’agit donc pas de rayer en nous ce sentiment destructeur, mais de l’accentuer jusqu’à implosion et explosion. Non pas dégonfler, mais faire éclater. Tout ce qui est bizarre dans la langue française devra sauter sous la lucidité et la pression visionnaire du consularisme. A quoi sert par exemple l’apostrophe ? S’il faut absolument garder l’apostrophe, il vaudra donc mieux le déplacer et lui infliger des rôles nouveaux. Le point correspond à la respiration de la parole, mais l’apostrophe ne correspond à rien. Et dans nos langues, allez me montrer une apostrophe. Le modèle d’écriture, ce seront nos langues. L’emprunt, voilà un des aliments essentiels du consularisme. C’est d’elle que vit la langue qui entre ainsi en mariage permanent avec d’autres langues pour la fructification de l’imaginaire, mais en divorce aussi. L’article sautera aussi de temps en temps. L’écriture consulaire est donc une écriture de la mutilation et du sabotage de toutes les incongruités de la langue, de toutes ces choses qui nous perdent le temps dans l’orthographe. Ecrire par mutilation, par émondage, par fracturation. Le texte consulaire devra être souligné en rouge sur l’écran de l’ordinateur parce qu’il doit échapper aux canons et systèmes et parce qu’il faut qu’il affirme son indépendance par rapport aux rigidités des systèmes établis. On ne gardera de la langue que ce qui nous arrange, et le reste sera jeté au feu, comme des orties ou de la paille. Le poète consulariste a les yeux ouverts. Il veille. Il tourne la page. Et écrit la sienne. Car il ne s’agit point de recommencer quoi que ce soit, mais de casser, de brouiller les repères anciens pour trouver dans les décombres les nouvelles pistes. Après le déluge, la renaissance ; après l’orage le beau temps ; après l’éruption, la germination nouvelle. Les ruines sont la condition d’une reconstruction. Reconstruire, c’est pour se sentir chez soi. Etre moins étranger.

Jean Claude AWONO

Protected by Copyscape Unique Content Check
       
 
     

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site